Photographier, c'est dessiner avec de la lumière ...

Rappel de quelques principes

Le diaphragme détermine la quantité de lumière qui devra passer au travers de l'objectif pour impressionner suffisamment le film.

L'obturateur détermine la durée pendant laquelle le film sera exposé, autrement dit le temps de pose ou encore la durée d'exposition.

Au moyen des ouvertures de diaphragme et des vitesses d'obturation, il sera possible de donner au film une exposition parfaite (lumination) soit en ouvrant/fermant le diaphragme ou en augmentant/diminuant la vitesse ou encore en jouant sur les deux paramètres à la fois afin d'obtenir un couple vitesse/diaphragme correct.

La profondeur de champ est la distance de netteté existant avant et après le sujet sur lequel on fait la mise au point. Elle augmente lorsqu'on ferme le diaphragme. D'autre part, elle est d'autant plus grande que la distance de mise au point est plus éloignée. Elle est plus importante en arrière du plan de mise au point qu'en avant. Elle est plus importante avec les objectifs de courtes focales (grands angles). Elle dépend aussi de la taille du capteur des appareils photos numérique : un APN compact à petit capteur donnera une très grande profondeur de champ.

Une grande profondeur de champ sera utile pour faire le point sur de nombreux plans éloignés les uns des autres. A l’opposé, une faible profondeur de champ peut assurer un flou sur un arrière plan ou un avant plan du sujet à photographier. Ce flou sera utile si les plans en avant et en arrière du sujet sont à ’effacer’ de la photo.

Les compacts numériques délivrent le maximum de « piqué » à leur plus grande ouverture ou en fermant d'un diaphragme (la diffraction altère la définition et le contraste aux petites ouvertures)

A main levée, pour éviter les risques de bouger, ne pas descendre a une vitesse inférieure à l'inverse de la focale. Par exemple, avec un 28 mm, il ne faut pas choisir une vitesse inférieure au 1/30.
Pour des vitesses plus lentes, il faudrait utiliser un pied stable, donc lourd.

La Sensibilité

L'origine est l'halogénure d'argent qui, selon sa nature, sa grosseur et la composition du support où il se trouve, réagit plus ou moins promptement sous l'action de la lumière. L'image se forme plus ou moins rapidement selon le film employé. La sensibilité d'un film est exprimée en ISO et chaque film, à la sortie de son usine, en porte la marque : 50, 100, 200, 400 ... 3200 ISO. Plus le chiffre est élevé, plus le film est sensible. 100 ISO correspond à un film deux fois plus sensible qu'un 50 ISO et ainsi de suite.

Le choix de l'utilisation d'une sensibilité plutôt qu'une autre lors du chargement du film dépend des conditions de luminosité de la scène à photographier. Les films 100 ISO sont plutôt conseillés en extérieur par beau temps. Par temps couvert, le 400 ISO sera préféré. Si les conditions d'éclairage sont extrêmes (la salle de concert par exemple) mieux vaut se munir d'un 1600 ou d'un 3200 ISO.
Néanmoins, plus la sensibilité du film est élevée, plus le grain de l'image sera visible. Cela peut être un choix : certains photographes privilégient des pellicules noir et blanc où le grain est très présent.

En numérique, il n'y a plus de grain car plus de cristaux... Le capteur est composé de plusieurs millions de cellules photosensibles (des photosites) qui vont réagir proportionnellement à la quantité de lumière qu'elles reçoivent. Les photosites vont créer un courant servant à reconstituer l'image. On retrouve sur les appareils numériques les mêmes valeurs ISO que pour les films argentiques. C'est un des avantages du numérique sur l'argentique : entre chaque prise de vues la sensibilité peut être modifiée. Bien sûr ce ne sont pas les photosites du capteur qui deviennent subitement plus réactifs à la lumière qu'ils reçoivent. C'est le signal de sortie qui est amplifié, d'où l'apparition de bruit lorsque la sensibilité ISO équivalente, indiquée par l'appareil, est élevée. Si le grain argentique peut être convenu, le bruit numérique est toujours mal venu...

Pour que l'image soit correctement exposée, il va falloir quantifier la lumière pénétrant dans l'objectif. Presque tous les appareils 24X36, modernes, sont équipés d'une cellule qui mesure la lumière réfléchie par le sujet. La plupart du temps, cette cellule se trouve à l'intérieur du boîtier et mesure la lumière à travers l'objectif : c'est la mesure TTL ("Through The Lens").
Pour déterminer la bonne exposition face à une lumière particulière, la cellule prend tout d'abord en compte la sensibilité. Ensuite vient le choix d'un couple vitesse d'obturation / ouverture du diaphragme, « Indice de Lumination »
Par exemple, la cellule a calculé qu'à 400 ISO, pour obtenir une image correctement exposée, il fallait exposer le film pendant 1/500s à une ouverture de f/4.
Or ce couple vitesse/ouverture équivaut à ces autres couples : 1/250s à f/5.6, ou 1/125s à f/8, ou 1/60s à f/11...
En effet, si on ferme d'un diaph (passer de f/4 à f/5.6) deux fois moins de lumière pénètrera l'objectif ; mais si on expose le film deux fois plus longtemps (passer de 1/500s à 1/250s), au final la quantité de lumière reçue sera la même.
Libre au photographe (muni d'un appareil qui permet ces réglages) de choisir quel couple vitesse/ouverture il emploiera pour sa prise de vues. Comment orienter ce choix ? Voici quelques exemples-types :

- Photographier un sujet en mouvement. On choisit le couple permettant la vitesse d'obturation la plus rapide.

- Faire un portrait. On choisit le couple à l'ouverture la plus grande (f/4 par exemple), pour réduire la profondeur
              de champ et obtenir un arrière-plan flou.

 - Faire une photo de paysage. On choisit le couple à l'ouverture la plus petite (f/22 par exemple), pour que tous
               les plans soient nets.


Les appareils reflex proposent à l'utilisateur plusieurs modes de sélection de ces couples. En mode "Tout automatique" ou "Programme", il n'y a qu'à enclencher, c'est l'appareil qui choisit. En mode "Priorité Vitesse", le photographe choisit sa vitesse, et l'appareil complète avec l'ouverture associée selon les valeurs fournies par la cellule. En mode "Priorité Ouverture", c'est vice versa. Parfois, sur les modèles d'entrée de gamme (comprenez "pas très pro"), il existe d'autres modes. Mode Portrait, mode Paysage... l'utilisateur ne choisit rien, et l'appareil se contente d'appliquer les exemples-types cités au paragraphe précédent. Les lecteurs de cet article n'auront donc pas l'usage de ces modes, puisque eux aussi savent...
En mode "Manuel", diaph et vitesse sont tous les deux choisis par l'utilisateur ; éventuellement l'appareil indique que les valeurs de la cellule ne sont pas en accord avec ces choix. Et le photographe a tout à fait le droit de ne pas être d'accord.

Les erreurs de mesure

Le principe de fonctionnement d'une cellule de mesure n'est pas infaillible, et sur certains sujets délicats les valeurs fournies sont inadéquates. Une cellule voit le monde en noir et blanc, et elle considère que toute la lumière qu'elle reçoit est en fait réfléchie par un objet d'un gris moyen. Ce gris est standardisé et correspond à une réflexion de 18 %.
Si le sujet principal de la scène est un objet noir, la cellule considère toujours que cet objet est gris, et va donc calculer ses valeurs en considérant que ce noir doit apparaître gris sur l'image finale... L'image est surexposée.
Un autre exemple significatif est celui de la photo de sports d'hiver : de tout petits sujets perdus au milieu d'une grande masse blanche. La cellule voit la neige grise, et la neige sera grise... L'image est alors sous-exposée.
Pour pallier à ces difficultés, il ne reste que l'œil attentif du photographe qui devra judicieusement corriger les valeurs fournies par la cellule selon le sujet qu'il photographie. Dans notre exemple, on va "surexposer" la neige de 2 diaphragmes : la cellule indique une vitesse de 1/500s couplé à une ouverture de f/11 ; l'utilisateur, plus doué que la machine, préfèrera le couple 1/500s à f/5.6 (ou 1/125s à f/11).
Ce sont également les sujets à fort contraste qui mettent à l'épreuve les cellules de nos appareils. Citons l'exemple d'un personnage en contre-jour sous un magnifique ciel bleu. Le ciel occupant une grande partie de l'image, la mesure de la cellule est à nouveau faussée : le ciel est correctement exposé, mais le personnage est trop dense.

Pour forcer l'appareil à ne pas suivre à la lettre les indications de sa cellule, la première solution - mais pas la plus rapide - est de passer en mode Manuel et de soigneusement y indiquer ses valeurs. Les appareils proposent également la correction de l'exposition. Celle-ci se mesure à l'aide de l'indice de lumination (IL, ou EV pour "Exposure Value"). Pour surexposer, on indique par exemple +1 IL ; pour sous-exposer, -1 IL.
Il existe également la possibilité du bracketing. "Bracketer", c'est prendre plusieurs clichés de la même scène en faisant varier l'indice de lumination d'une photo à l'autre. Pratiquement, on détermine le pas entre chaque cliché : par exemple, un bracketing de +/- 1 IL nous fournira trois images : -1 IL (sous-exposition), 0 IL (exposition recommandée par la cellule) et +1 IL (surexposition).
Pour se prévenir d'une erreur de mesure, il est également utile de connaître par quelle méthode la cellule calcule ses valeurs.

       


La mesure globale prend en compte la totalité de l'image pour son calcul. En mesure pondérée centrale, 40 % de la mesure vient du centre et 60 % du reste de l'image. La mesure spot ne prend en compte qu'une petite zone au centre de l'image ; l'astuce est de placer dans le champ de l'image un carton d'un gris moyen à 18 %, et de faire la mesure uniquement sur ce carton.
La méthode la plus perfectionnée est la mesure matricielle ; chaque fabriquant y adapte son propre algorithme, plus ou moins complexe et plus ou moins efficace. Cette fois, la mesure s'effectue sur plusieurs zones. L'algorithme analyse la luminosité de l'image pour la confronter à des situations qu'il connaît : contre-jour, sujet lumineux décentré, etc.
Il est parfois difficile de déterminer la bonne exposition pour une scène présentant des contrastes importants. Parfois c'est un véritable casse-tête, le photographe doit choisir d'exposer pour les ombres ou pour les hautes lumières.
 

 

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